LAC – du latin Lactem (lait) – Mil Factory

Colombe Clier – 2019

Avec LAC, on retrouve le style, la manière et les thèmes récurrents de l’œuvre de Colombe Clier : les natures mortes, les scènes figées dans un temps et un espace contraint, les lumières en clair – obscur et l’écho sensible proche et discret d’œuvres connues de l’histoire de la peinture.

C’est d’abord la force du blanc laiteux qui s’impose dans les images de cette série et son contraste avec des noirs profonds. Une touche de bleu parfois pour les soutenir – clin d’œil à Pierre Soulages ? – dans le tricot du « laitier » – La laitière de Vermeer – ou dans le plumage de jais de la pie ; la chaleur aussi des ocres bruns de la peau mate des modèles, des traces du café répandu ailleurs ou des pâtes molles de fromages connus.
Profondeur de l’influence caravagesque surtout ; l’attirance morbide chez Narcisse pour son reflet, la pureté du regard étonné chez le jeune Bacchus… et toujours cette sensualité érotique des corps et des regards.
Présence hiératique des objets chez Nicolas de Staël ou Giorgio Morandi sensible ici dans les très pures Nature morte au verre de lait ou les tables mises.
Les formats s’élargissent pour les tableaux pièges en référence au travail moderne de Daniel Spoerri : c’est ici le lait qui piège objets et végétaux…
Enfin l’ultime « mise en cène » sur un très grand format – inspirée d’une œuvre antérieure où la photographe s’était elle – même mise en scène – décline à distance l’élégance évidente, tant dans la dramaturgie gestuelle et les lignes épurées du visage féminin que les couleurs ou les objets convoqués, de la pureté du sujet traité et du geste artistique.